Samu : 12 mois de sursis pour l’opératrice après la mort de Naomi Musenga


Le tribunal a surpassé les attentes du parquet, lequel avait demandé une peine de dix mois de prison avec sursis. Corinne M., une opératrice de 60 ans, doit aussi payer 15 000 euros à la famille de Naomi Musenga pour couvrir les frais d’avocats.

Une Condamnation Significative pour l’Opératrice du Samu dans l’Affaire Naomi Musenga

Une employée du Samu qui avait tristeusement moqué Naomi Musenga, une jeune femme de 22 ans, en décembre 2017, avant que cette dernière ne décède peu après son transfert à l’hôpital, a été reconnue coupable de non-assistance à personne en danger. Jeudi 4 juillet, le tribunal correctionnel de Strasbourg (Bas-Rhin) a condamné l’accusée, âgée de 60 ans, à un an de prison avec sursis.

Lors du prononcé du jugement, le tribunal a surpassé les réquisitions du procureur, qui avait sollicité une peine de dix mois avec sursis. En outre, Corinne M., l’opératrice jugée, a été mandatée à verser une somme de 15 000 euros à la famille de la victime pour couvrir les frais d’avocats. L’opératrice dispose désormais de dix jours pour faire appel de cette décision judiciaire.

Rappel de la Loi et du Devoir Humanitaire

Estimant l’infraction de non-assistance parfaitement démontrée, Agnès Robine, la procureure, a plaidé pour une sanction exemplaire qui rappelle l’importance du devoir d’humanité et de l’obéissance à la loi par chaque citoyen.

Cette histoire tragique a mis en lumière des « négligences graves » de la part de l’opératrice de 60 ans, qui pourtant exerçait depuis huit ans ce rôle délicat après avoir travaillé comme ambulancière. Le tribunal a été particulièrement frappé par son comportement jugé « moralement et humainement inapproprié » au regard de ses qualifications et expériences antérieures.

« Cette Phrase Fait Froid dans le Dos »

La magistrate a fait ressortir des propos glaçants de l’enregistrement de l’appel entre Naomi Musenga et l’opératrice. « À aucun moment elle n’essaie de savoir quels sont les symptômes de Madame Musenga, alors que cette dernière exprime qu’elle va mourir », a exprimé la magistrate. « Je ne peux pas vous aider parce que je ne sais pas ce que vous avez, » telle est la phrase extraite de l’enregistrement qui a particulièrement glacé l’assistance, illustrant l’échec flagrant de l’opératrice à accomplir ses fonctions essentielles.

Jean-Christophe Coubris, avocat de la famille Musenga, a amplifié l’horreur en déclarant : « Une bande sonore comme celle-ci, j’ose espérer que de ma vie je n’en entendrai jamais plus. » Il a accentué la gravité des manquements de l’opératrice en ajoutant : « Nous avons une personne qui, à deux reprises, n’a pas rempli sa mission et qui continue aujourd’hui de chercher des excuses. On ne lui demande pas de porter un diagnostic, on lui demande de faire ce pour quoi elle a été embauchée : poser les bonnes questions, établir les connexions nécessaires, et faciliter le travail de régulation. »

L’affaire a profondément secoué l’opinion publique et souligné les enjeux cruciaux du traitement d’appels d’urgence dans les services de santé. La sanction infligée, bien que jugée clémente par certains, vise à rappeler l’importance d’un engagement indéfectible au service des appelants, et de garantir que de tels manquements ne soient plus jamais réitérés dans un cadre aussi vital.

En résumé, cette condamnation est un message sévère adressé à tous les professionnels de la santé quant à leur responsabilité immense et leur devoir d’humanité dans l’exercice de leurs fonctions.